James Pattison Cockburn, militaire et artiste

 

Les paysages pittoresques de la Côte-de-Beaupré ont servi et servent toujours d’inspiration à nombre d’artistes. Le militaire britannique James Pattison Cockburn (1779-1849), en particulier, a réalisé plusieurs aquarelles représentant la Côte lors de son séjour dans la colonie. 

 

Issu d’une famille militaire, James Pattison Cockburn entre à l’Académie royale militaire à Woolwich en Angleterre à l’âge de 14 ans. Il y étudie le dessin sous Paul Sandby, un paysagiste et topographe britannique de renom. Cockburn effectue un premier séjour au Canada en 1822-1823, à la tête d’une compagnie d’artillerie basée à Québec. C’est cependant lors de son deuxième séjour entre 1826 et 1832 que Cockburn, devenu commandant du Régiment royal d’artillerie au Canada, réalise la majeure partie de son œuvre canadienne.

 

En plus de peindre de nombreuses aquarelles des rues de Québec, Cockburn profite de ses tournées d’inspection du Haut et du Bas-Canada pour s’adonner à son art. Il représente ainsi divers paysages de la Côte, parmi lesquels les villages de L’Ange-Gardien et de Château-Richer ainsi que plusieurs scènes aux alentours de la chute Montmorency. Plusieurs aquarelles de Cockburn dénotent son affection pour la beauté des paysages dramatiques — dont les chutes — et les points de vue panoramiques — souvent à l’arrière-plan — tandis que d’autres présentent des scènes rurales paisibles. On retrouve cependant habituellement quelques constantes : une diagonale qui dirige le regard vers l’arrière-plan et de petits personnages qui animent la composition ou fournissent l’échelle des perspectives.

 

À son départ du Canada, Cockburn a laissé derrière lui une œuvre possédant une valeur à la fois artistique et documentaire qui témoigne de l’état de la colonie au début du 19e siècle.

… plusieurs des premières œuvres illustrant des paysages nord-américains ont été réalisées par des militaires britanniques ? Cela n’est pas surprenant puisque l’apprentissage du dessin faisait partie de la formation des officiers.  

La plupart de leurs croquis, par exemple des cartes ainsi que des relevés de terrain et de fortifications, étaient rudimentaires. Certains officiers ont cependant développé un talent particulier et ont produit des œuvres qui sont toujours appréciées aujourd’hui.

Près des chutes de Saint-Ferréol, sur la rivière Sainte-Anne, Bas-Canada, James Pattison Cockburn (1779-1847), vers 1830. Bibliothèque et Archives Canada, 1989-256-5.

Les chutes des alentours de Québec ont très tôt suscité l’intérêt des artistes britanniques.

Marches naturelles, rivière Montmorency, James Pattison Cockburn (1779-1847), 11 juillet 1829. Bibliothèque et Archives Canada, 1989-262-28.

Les « marches naturelles », près de la Chute Montmorency, font partie des paysages dramatiques qui ont inspiré Cockburn.

Château-Richer, James Pattison Cockburn (1779-1847), 20 septembre 1828. Bibliothèque et Archives Canada, 1934-396.

Chez madame Fontane, Sainte-Anne, près de Québec, James Pattison Cockburn (1779-1847), 1827?. Bibliothèque et Archives Canada, R9266-131, collection de Canadiana Peter Winkworth.

L'Ange-Gardien et, sur l'autre rive du fleuve Saint-Laurent, l'île d'Orléans, Bas-Canada, James Pattison Cockburn (1779-1847), 1829. Bibliothèque et Archives Canada, 1970-188-331, collection d’œuvres canadiennes de W.H. Coverdale.

On retrouve ici un bel exemple des vues panoramiques que Cockburn affectionnait tout particulièrement.

Le pain de sucre des chutes Montmorency, James Pattison Cockburn (1779-1847), vers 1829. Bibliothèque et Archives Canada, 1989-260-2.

La chute Montmorency, site d’excursions de la bourgeoisie, et en particulier son « pain de sucre », sont fréquemment représentés à l’époque.