La chasse aux oiseaux sur la Côte-de-Beaupré

 

Fort anciennes, les traditions de chasse sur la Côte-de-Beaupré ont longtemps procuré aux habitants une partie de leur alimentation. Les Européens ont rapidement remarqué le potentiel de la région : dès 1616, Samuel de Champlain écrit qu’une « grande quantité de gibier et oiseaux faisoient leur retraite » au cap Tourmente.

 

Outre le petit gibier, ce sont surtout les oiseaux migrateurs, comme les bernaches, les canards, les oies blanches et les tourtes, qui attirent les chasseurs depuis toujours.

 

Plectrophanes des neiges ou bruants des neiges. Photographie : Chantal Lepire.

Bruant des neiges

Aussi appelé « oiseau blanc » ou « plectrophane des neiges », ce petit oiseau passe l’hiver au Québec. On le retrouve en grandes bandes dans les champs ou près des grands cours d’eau, notamment sur la Côte-de-Beaupré et sur l’île d’Orléans. Il a été chassé de façon intensive jusqu’en 1963, date où sa chasse est interdite.

 

À la campagne, et en particulier sur l’île d’Orléans, on capturait les bruants des neiges par centaines à l’aide de « lignettes ». Ces pièges étaient composés d’un cadre de frêne sur lequel on fixait des nœuds coulants faits de crin de cheval. Il suffisait de placer le piège sur la neige et d’y répandre des graines pour que les oiseaux viennent s’y prendre.

 

Filet à pigeons voyageurs, Sainte-Anne, Bas-Canada, James Pattison Cockburn (1779-1847), 20 septembre 1829. Bibliothèque et Archives Canada, 1989-262-18.

Tourte voyageuse

Autrefois abondante dans la région, la tourte voyageuse (ou pigeon voyageur) a disparu au début du 20e siècle. Regroupée en immenses colonies, la tourte était particulièrement facile à chasser. On l’attrapait entre autres à l’aide de grands filets.

 

Grande Oie des neiges

Le cap Tourmente accueille chaque année d’immenses troupeaux de Grandes Oies des neiges, qui s’y arrêtent en raison de la présence sur les battures de Saint-Joachim du scirpe d’Amérique, plante dont ces oiseaux raffolent. De nos jours, la chasse à l’oie est contrôlée. En 1978, la réserve nationale de faune du Cap-Tourmente a été créée pour protéger les terres humides où pousse le scirpe d’Amérique. On y trouve notamment un centre d’interprétation.

Grandes Oies des neiges. Photographie : Chantal Lepire.

Appelant d’oie, réalisé par Louis Matte. Collection : Aux Trois Couvents. Photographie : Myriam Mathieu-Bédard.

Les appelants, souvent de simples pavillons blancs ou encore des oies taillés dans le bois, servent à attirer les oiseaux près des caches des chasseurs. On utilisait aussi autrefois des appelants vivants.

Grandes Oies des neiges. Photographie : Réserve nationale de faune du Cap-Tourmente, Environnement et Changement climatique Canada.

Chasseurs au Cap Tourmente. Photographie : Réserve nationale de faune du Cap-Tourmente, Environnement et Changement climatique Canada.