La drave, un métier qui fascine

 

Le moulin à papier des Halls au pied de la chute Montmorency, 1875. Archives de la ville de Québec, Fonds Michel Bédard, N083540. Cette photographie des installations au pied de la chute Montmorency montre des draveurs à l’avant-plan.

Alors que le marché du bois était plutôt local à l’époque de la Nouvelle-France, l’avènement du Régime britannique ouvre de nouveaux marchés vers l’Angleterre et les États-Unis, favorisant l’expansion de l’exploitation forestière au Bas-Canada. Ce sont alors des milliers d’hommes qui investissent la forêt chaque année.

 

Le travail en forêt est tributaire des saisons. La coupe a lieu durant l’hiver afin de pouvoir utiliser la neige pour tirer les arbres abattus vers les cours d'eau. La drave se déroule ensuite au printemps alors que le niveau des rivières est assez élevé. Le bois est ainsi acheminé de l’arrière-pays vers les scieries et les quais par les draveurs.

 

Parmi les métiers liés à l’exploitation forestière, celui de « draveur » a tout particulièrement marqué l’imaginaire collectif. Le draveur a la tâche de guider les pièces de bois sur les cours d’eau, utilisant des gaffes et des crochets afin d’éviter que les billots s’enchevêtrent ou se coincent sur les rochers ou sur les berges.

 

Bottes de draveur en cuir, collection : Aux Trois Couvents. Photographie : Myriam Mathieu-Bédard.

C’est un travail périlleux : les draveurs effectuent la majeure partie de leur métier debout sur des billots emportés par le courant. Leur adresse est légendaire. Et quand les billes se coincent, c’est à eux de les déprendre, à l’aide d’une hache ou de dynamite… D’ailleurs, la plupart ne savent pas nager. Les bottes de draveur aux semelles cloutées, introduites à la fin du 19e siècle, ont sans doute sauvé des vies en permettant une plus grande stabilité sur le bois mouillé.

 

Sur la Côte-de-Beaupré, la drave a notamment été pratiquée sur les rivières du Sault-à-la-Puce et Sainte-Anne. Elle a disparu en 1965, remplacée par le transport du bois par camions.

… le mot «draveur» tire ses origines du mot anglais «driver»? Les mots «drave» et «draveur» sont aujourd’hui complètement assimilés au français québécois.

La drave, Raymond Garceau, 1957, 20 minutes, Office national du film.