La chute Montmorency et son « pain de sucre »

 

« On y contemplait un point de vue plein de majesté, mais aussi plein d’effroi. Le fracas des eaux tombantes était si assourdissant, que l’on n’y pouvait tenir que quelques instants. »

- Baronne von Riedesel, 1782

La chute Montmorency, d'une hauteur de 246 pieds, George Bulteel Fisher (1764-1834), 1796. Musée McCord, M972.157.7, don de la succession de R. W. Humphrey.

 

Impressionnante et pittoresque, la chute Montmorency a très tôt suscité l’intérêt des voyageurs, qui la mentionnent abondamment dans leurs écrits, puis celui des artistes, qui la choisissent souvent comme sujet, et des habitants de la région, qui la fréquentent assidûment.

 

En effet, comme en témoignent plusieurs représentations iconographiques de la chute, celle-ci accueille été comme hiver la population en quête de divertissement. Au 19e siècle, par exemple, des excursions et des pique-niques y sont organisés toute l’année par les habitants de Québec. Les Britanniques, en particulier, dont plusieurs militaires, affectionnent spécialement le paysage dramatique de la chute en raison de leur sensibilité romantique et de leur amour de la nature. Durant l’hiver, le pied du Sault de Montmorency est également le théâtre de balades en traîneau et de patinage.

 

The Ice Cone at the falls of Montmorency, near Quebec, Lower Canada, Cornelius Krieghoff (1815-1872), William Simpson (1823-1899) (graveur). Bibliothèque et Archives Canada, 1970-188-625 W.H. Coverdale Collection of Canadiana.

Le Pain de sucre

Au cours de la saison froide, l’eau cristallise au pied de la chute et forme une montagne spectaculaire appelée le « pain de sucre ». Ce cône de glace devient alors une scène animée. Au 19e siècle en particulier, les habitants de Québec aiment y faire de la luge.

 

Toujours impressionnante, la chute Montmorency conserve aujourd’hui son attrait, offrant aux touristes et aux résidents d’agréables promenades, des points de vue exceptionnels et des activités diverses.

Le « pain de sucre » se forme encore en hiver au pied de la chute Montmorency. Cependant, en raison des installations hydroélectriques et des prélèvements d’eau réalisés par les municipalités à même la rivière Montmorency, le monticule de glace n’atteint plus la même hauteur que par le passé.  

Selon James Pattison Cockburn, le pain de sucre se serait élevé à 126 pieds ou 38 mètres en 1829.

Carte postale représentant le pain de sucre, émise par le gouvernement du Québec. Collection : Aux Trois Couvents.

Québec, les chutes de Montmorency, les marches naturelles, carte postale, [1908 ?]. Bibliothèque et Archives nationales du Québec, CP 018087 CON.

Le haut du Sault de Montmorency n’est pas en reste : on retrouve en amont de la chute un site enchanteur couramment appelé les « marches naturelles ». À cet endroit, l’érosion a créé, de part et d’autre de la rivière, une succession de rochers de forme rectangulaire fort pratiques pour faire des pique-niques.