Des moulins à scie sur la Côte-de-Beaupré

Les scieries Patterson-Hall

Moulin à scie au pied de la chute Montmorency, Louis-Prudent Vallée, vers 1900. Bibliothèque et Archives nationales du Québec, P1000,S4,D26,P13, Collection Centre d'archives de Québec. Il s'agit ici de six clichés qui ensemble forment une photographie panoramique.

À l’époque de la Nouvelle-France, le bois est utilisé surtout pour le chauffage ainsi que pour la construction des bâtiments et des meubles. Puis, au 19e siècle, il devient un produit d’exportation majeur, contribuant à l’insertion de la colonie au commerce international. En effet, la Grande-Bretagne, privée de ses sources d’approvisionnement européennes par le Blocus continental que lui impose Napoléon Bonaparte en 1806, se tourne vers ses colonies pour se procurer le bois nécessaire entre autres au maintien de sa marine.

 

Une importante industrie forestière se développe au Canada et la demande croissante pour le bois de sciage favorise l’apparition de nombreuses scieries le long du Saint-Laurent, y compris sur la Côte-de-Beaupré. En 1831, on compte cinq petites scieries à Château-Richer et quatre à L’Ange-Gardien. En 1851, Saint-Joachim possède six moulins à scie.

 

Montmorenci Mills, 1887, gravure tirée de The City of Quebec Jubilee Illustrated, Montreal : G. Bishop Engraving and Print. Co. Archives de la Ville de Québec, N010077.

 

View of Montmorency near Caday, John Elliott Woolford (1778-1866), 1821. Bibliothèque et Archives Canada, 1979-9-7. On aperçoit ici la conduite d’eau construite afin d’acheminer l’eau du haut de la chute jusqu’aux moulins à scie.

La plus importante des scieries de la région se trouve cependant au pied de la chute Montmorency. Le site est idéal : non seulement la proximité du fleuve facilite-t-elle l’expédition des produits, mais la chute possède un potentiel énergétique colossal. Le commerçant Peter Patterson et son associé, Henry Usborne, achètent ainsi en 1811 la scierie tout juste construite au pied de la chute. En 1823, Patterson devient seul propriétaire et l’entreprise prend rapidement de l’ampleur. Alimentés par une conduite qui achemine l’eau depuis le haut du Sault, les moulins à scie produisent notamment du bois équarri, des madriers et diverses pièces destinées à la construction navale.

… en 1810, le bois de charpente et le bois d’œuvre comptent pour environ 75% des exportations du port de Québec.

Portrait de Peter Patterson (1768-1851), Samuel Palmer. Archives de la Ville de Québec, fonds Michel Bédard, N083541.

 

À son apogée, la scierie est l’une des plus importantes de l’Empire britannique. L’entreprise de Patterson, qu’il lègue ensuite à son beau-fils George Benson Hall, fournit de l’emploi à des centaines de familles de la région, notamment de L’Ange-Gardien. Une véritable communauté ouvrière se forme au bas du Sault de Montmorency. La scierie cesse ses activités en 1892.