Louis Jobin, sculpteur

 

Sculpteur québécois incontournable, Louis Jobin (1845-1928) a terminé sa carrière à Sainte-Anne-de-Beaupré, où il a profité des commandes associées à ce lieu de pèlerinage. À ses débuts, Jobin ne semblait pourtant pas destiné à se spécialiser dans la statuaire religieuse…

 

Le sculpteur Louis Jobin dans son atelier, Sainte-Anne-de-Beaupré, QC, 1926, Anonyme. Musée McCord, MP-0000.404.2, don de Mr. Sidney Dawes.

Adolescent, Jobin est envoyé chez son oncle afin d’apprendre les rudiments du métier de sculpteur sur bois. À l’époque, dans la région de Québec, la construction navale fournit du travail à plusieurs sculpteurs qui réalisent des figures de proue. 

 

À 20 ans, Jobin décide de poursuivre son apprentissage auprès du maître-sculpteur François-Xavier Berlinguet. En participant aux travaux de l’atelier de ce dernier durant trois ans puis en complétant sa formation à New York, Jobin devient un sculpteur polyvalent. Il peut réaliser autant des statues sur pied que des figures de proue, des meubles liturgiques et des enseignes commerciales.

 

De retour au pays en 1870, Jobin ouvre un premier atelier à Montréal, où il doit composer avec les bouleversements du marché, dont la demande croissante pour les enseignes commerciales et le déclin de la construction navale. En 1876, Jobin s’établit à Québec, où il se spécialise graduellement dans la production de statues religieuses d’extérieur en bois recouvertes de métal.

 

Finalement, en 1896, Jobin déménage son atelier à Sainte-Anne-de-Beaupré où il demeurera jusqu’à sa mort. Jobin se consacre dorénavant presque exclusivement à la statuaire religieuse. Il reçoit entre autres de nombreuses commandes de pèlerins et de touristes et il utilise le chemin de fer pour acheminer des œuvres partout au Canada et même aux États-Unis.

 

En soixante ans de carrière, Jobin a réalisé plus de 1000 œuvres dont certaines se trouvent toujours dans le parc de la basilique à Sainte-Anne-de-Beaupré.

… Pragmatique, Jobin a non seulement su s’adapter à l’évolution du marché, mais il modulait également ses œuvres en fonction des ressources financières de ses commanditaires.

 

En effet, si la plupart des sculptures de Jobin sont taillées dans du bois, leur revêtement métallique et leur degré de finition varient en fonction des fonds accordés pour leur réalisation. Davantage de fonds signifient l’utilisation d’un métal plus précieux pour le revêtement et plus de temps passé à parfaire l’œuvre.

Immaculée Conception, Louis Jobin (1845-1928), placée devant la Scala Santa au sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré. Photographie : Myriam Mathieu-Bédard.

Sainte Anne, Louis Jobin (1845-1928), placée devant la chapelle commémorative au sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré. Photographie : Myriam Mathieu-Bédard.

Notre-Dame-du-Saguenay, Louis Jobin (1845-1928), 1881. Lower St. Lawrence River, Canada, Statue of Notre Dame du Saguenay [carte postale]. Bibliothèque et Archives nationales du Québec, CP 025617 CON.

Placée au cap Trinité, cette œuvre de 7,5 mètres de hauteur est en bois de pin recouvert de feuilles de plomb peintes.