Un incident sanglant à Saint-Joachim

 

Plaque commémorative du curé Portneuf et des paroissiens qui sont morts à ses côtés en août 1759, située à l’église de Saint-Joachim, construite entre 1771 et 1779. Photographie : Marie-Claude Côté, Ministère de la Culture et des Communications, 2003.

Les habitants de la Côte-de-Beaupré n’ont pas été épargnés par la guerre de la Conquête. En effet, les soldats britanniques ont occupé la région et y ont brûlé les fermes et les récoltes à la suite de leur défaite lors de la bataille de Montmorency en juillet 1759. Durant de cette période difficile, la mort du curé de Saint-Joachim et de quelques-uns de ses paroissiens aux mains de l’ennemi a particulièrement marqué l’imaginaire collectif.

 

Issus de ouï-dire, les récits entourant cette escarmouche divergent grandement selon les sources, qui comprennent le journal du marquis de Montcalm. Si les Anglais ont pu exagérer l’incident impliquant Philippe-René Robineau de Portneuf, qui était alors curé de Saint-Joachim depuis 1735, les Français ont amplifié son patriotisme et en ont fait un héros national.

 

Étant donné la nature contradictoire et parfois invraisemblable des comptes rendus de l’événement, le plus sûr est de s’en remettre à l’acte de sépulture du curé. Rédigé quelques jours après les événements, ce document indique que l’ecclésiastique a été tué avec sept de ses paroissiens par les Anglais le 23 août 1759 alors qu’il défendait sa paroisse contre les incursions de l’ennemi.

 

L’église et le presbytère de Saint-Joachim ont été incendiés à la suite de cet incident, obligeant l’enterrement des défunts à se faire dans la paroisse voisine à Sainte-Anne-de-Beaupré.

 

À Saint-Joachim, des plaques rappelant la mort du curé et de ses paroissiens ainsi que la destruction de l’église commémorent aujourd’hui ces sombres événements.

L’église de Saint-Joachim est la seule que les Britanniques ont détruite sur la Côte lors de la Conquête. En effet, les soldats avaient reçu l’ordre d’épargner les lieux de culte, à condition que ceux-ci ne soient pas utilisés à des fins militaires.  

Pour sa part, Mgr de Pontbriand, évêque de Québec, avait défendu au clergé de prendre les armes. Il encourageait plutôt les curés à faire leur possible pour éviter la violence et protéger leurs paroissiens.

Ruines de la première église de Saint-Joachim, détruite par le feu en 1759. Photographie : Myriam Mathieu-Bédard.

Il est possible d’observer ces ruines au Centre d’initiation au patrimoine La Grande Ferme au 800, chemin du Cap-Tourmente, à Saint-Joachim..

Plaque commémorative de la première église de Saint-Joachim (1685-1759). Photographie : Myriam Mathieu-Bédard.