Une école des arts et métiers à Saint-Joachim

CÔTE-DE-BEAUPRÉ

Nul ne peut nier l’apport majeur de Mgr François de Laval au développement de la Côte- de-Beaupré, particulièrement dans le domaine de l’éducation des enfants. On sait par exemple qu’il est derrière la fondation à Château-Richer d’une école pour garçons avant 1674 et la construction du premier couvent sur le site d’Aux Trois Couvents en 1694.

Les premiers historiens et historiens de l’art ont aussi attribué à Mgr de Laval la création vers 1668 d’une « école d’arts et métiers » à Saint-Joachim. Selon l’interprétation traditionnelle, cet établissement d’enseignement situé à la Grande Ferme de Cap-Tourmente aurait été le berceau des arts en Nouvelle-France. Or, depuis 1975, des études ont remis son existence en question.

En effet, il semble que l’examen minutieux des sources ne permet pas de corroborer le récit selon lequel une école aurait existé au Cap Tourmente où on envoyait les garçons du Petit Séminaire de Québec qui démontraient peu d’aptitudes pour les études et la prêtrise. Cette école, où aurait enseigné le fameux sculpteur Jacques Leblond de Latour (1671-1715), aurait formé ces élèves aux travaux manuels, leur apprenant par exemple les métiers de tailleur, charpentier, maçon, sculpteur ou doreur. Ce récit repose cependant sur une interprétation des sources qui laisse soupçonner que les historiens, convaincus au préalable de l’existence de cette école qui aurait été novatrice pour l’époque, en ont vu des preuves où il n’y en avait pas nécessairement.
 
L’École des arts et métiers de Saint-Joachim semble donc être un de ces mythes
historiques qui finissent par être déboulonnés par l’étude rigoureuse des sources.

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